Rodrigues : premières impressions et ce qu'il faut savoir avant de partir

Premières impressions de Rodrigues : comment y aller, Port Mathurin, le kitesurf à Mourouk et nos conseils honnêtes après quatre jours sur cette île de l'océan Indien.

DESTINATIONRODRIGUES

6/7/20266 min temps de lecture

Turquoise lagoon of Rodrigues seen from the plane
Turquoise lagoon of Rodrigues seen from the plane

Rodrigues, ça n'arrive pas par hasard.

Ce n'est sur la route de personne, ça n'apparaît dans aucun classement des destinations les plus tendance de l'océan Indien, et pour y venir il faut d'abord atterrir à Maurice puis prendre un second vol — un petit avion d'à peine plus de cent places, le genre d'appareil qui te rappelle que tu vas vraiment quelque part. Le vol depuis Maurice dure environ une heure et demie. Air Mauritius te sert une collation à bord — pour nous, un sandwich au poulet, un KitKat et un café — et avant l'atterrissage on te remet deux formulaires de douane à remplir : provenance, hébergement, état de santé. Ce n'est pas de la bureaucratie gratuite : c'est ainsi que Rodrigues se protège, préserve son intégrité environnementale et la santé de ses 40 000 habitants. Une île qui prend au sérieux la mission de rester exactement ce qu'elle est.

Mais le moment où tu comprends vraiment où tu vas, c'est quand tu regardes par le hublot.

Quelques minutes avant l'atterrissage, l'eau qui entoure l'île apparaît d'en haut et c'est littéralement à couper le souffle. Une clarté absurde — on voit le fond même depuis l'altitude, les nuances de turquoise et de vert qui changent avec la profondeur, le récif corallien qui trace la limite entre le lagon et l'océan. Aucune photo ne lui rend justice. Il faut le voir.

L'arrivée : la famille, le déjeuner, et Tom qui respire enfin

À l'aéroport Sir Gaëtan Duval — petit, un terminal, une piste, tu es dehors en cinq minutes — la famille de Tom nous attendait.

Tom n'était pas revenu depuis des années. Ils avaient hâte. Ce qui s'est passé sur le parvis de l'aéroport, entre embrassades et larmes à peine retenues, est une de ces scènes qu'on n'oublie pas facilement — et qui m'a fait comprendre tout de suite pourquoi il attendait ce moment avec autant d'intensité.

Un déjeuner de famille nous attendait sur la terrasse : une table pleine de plats, tout le monde qui parle en même temps en créole et en français, une vraie curiosité pour nos voyages, des rires. Le genre d'accueil qu'on ne trouve pas dans les boutique-hôtels quatre étoiles. J'ai vu Tom rire autrement qu'à n'importe quel autre moment de ces derniers mois — cette aisance qui ne vient que quand on est au bon endroit avec les bonnes personnes.

La famille est formidable : toujours souriante, pleine d'énergie, avec une générosité spontanée qui donne envie de ralentir et de rester.

Jour 2 — Port Mathurin : le bazar et les lieux d'enfance de Tom

Le lundi, on l'a passé à Port Mathurin, la capitale de l'île — si on peut l'appeler ainsi : une ville de quelques milliers d'habitants, avec des rues étroites, des maisons colorées et un rythme figé dans les années 1980, dans le meilleur sens du terme.

On a traversé le bazar : étals d'épices, légumes locaux, tissus, objets du quotidien. Rien de pensé pour les touristes — un vrai marché, fréquenté par les habitants qui font leurs courses de la semaine. Puis les petites boutiques du centre, celles qui semblent suspendues dans le temps, où on peut acheter un peu de tout et où le propriétaire est souvent aussi le caissier, la réserve et le conseiller.

Le meilleur, ce n'était pas tant ce qu'on voyait, mais la façon dont Tom le voyait. Chaque coin avait une histoire : ce bar où il allait gamin, cette rue qui menait chez un ami, cette boutique qui était là quand il était petit et qui y est toujours. Marcher dans Port Mathurin avec lui n'avait rien à voir avec une visite guidée — c'était retracer une géographie personnelle, et je me suis surprise à le regarder lui plus que les lieux.

Jours 3 et 4 — Mourouk : kitesurf et mines frites

Les deux jours suivants, on s'est installés à Mourouk, sur la côte sud-est de l'île, l'un des meilleurs spots de kitesurf grâce aux alizés constants.

Petit aveu honnête : le kitesurf a l'air facile en vidéo. Il ne l'est vraiment pas.

Regarder quelqu'un qui sait ce qu'il fait est presque hypnotique — la légèreté, le contrôle, la vitesse. L'essayer vraiment, c'est une tout autre histoire. Gérer l'aile, tenir sur la planche, composer avec le vent sans finir sous l'eau toutes les trente secondes demande une courbe d'apprentissage qu'on n'improvise pas en un après-midi. On s'est quand même amusés, surtout au moment où tomber dans le lagon de Rodrigues est, objectivement, l'une des pires punitions imaginables.

Après la session dans l'eau, on a mangé des mines frites — des nouilles sautées avec légumes, œuf et la protéine de ton choix, l'un des plats les plus courants et réconfortants de toute la cuisine des îles de l'océan Indien. Simple, nourrissant, bon marché. Exactement ce qu'il faut après des heures dans l'eau avec le vent dans la figure.

On détaille le spot dans notre guide du kitesurf à Mourouk

Kitesurfing at Mourouk, Rodrigues
Kitesurfing at Mourouk, Rodrigues

Jour 5 — Tom en mer avec son oncle

Un matin, Tom est parti deux jours de pêche au gros avec son oncle.

Ce n'est pas une sortie comme les autres. Son oncle dirige l'entreprise familiale, le Rod Fishing Club, qui organise des sorties de pêche au large de Rodrigues — et détient treize records du monde de pêche. Treize. Marlin, thon, espadon — les eaux autour de Rodrigues sont parmi les meilleures au monde pour la pêche au gros, et presque personne ne le sait.

Tom a grandi avec ces histoires. Revenir ici et prendre la mer avec son oncle faisait partie de ce qu'il attendait avec le plus d'impatience. Il était excité comme un gamin.

Pendant qu'il était au large, je suis restée à terre et j'ai exploré l'île avec ses cousins — deux jours de plus de Rodrigues à son propre rythme.

Quatre jours, une impression

Rodrigues n'est pas une destination qui te frappe par une beauté immédiate et spectaculaire. Elle s'installe lentement — à travers la famille de Tom sur le parvis de l'aéroport, à travers le bazar de Port Mathurin qui vend de vraies choses à de vraies gens, à travers le vent à Mourouk et les mines frites mangées assis sur un muret.

C'est une île qui n'a besoin de te convaincre de rien. Elle existe, elle fait ce qu'elle a toujours fait, et si tu acceptes de ralentir assez, elle te montre ce qu'elle est.

On est là pour trois semaines. On n'en a utilisé que quatre jours, et aucun de nous n'est prêt à penser à la suite.

fishing day
fishing day

Informations pratiques — Rodrigues en un coup d'œil

  • Y aller : Uniquement via Maurice — vol Air Mauritius ~1h30. Réserve bien à l'avance, ça se remplit.

  • Douane : Deux formulaires à remplir en vol (provenance, hébergement, santé). Obligatoire.

  • Monnaie : Roupie mauricienne (MUR). Prends du liquide à Maurice — peu de distributeurs.

  • Langue : Français et créole. L'anglais est peu parlé hors tourisme.

  • Se déplacer : Location de scooter ou voiture dès le premier jour. Les bus existent mais sont lents et limités.

  • WiFi : Lent et peu fiable. Télécharge des cartes hors ligne avant d'arriver.

  • Kitesurf : Mourouk, côte sud-est — vent constant toute l'année grâce aux alizés.

  • Pêche au gros : Rod Fishing Club — 13 records du monde. Pour qui cherche une vraie sortie au large.

  • Meilleure saison : Avril–novembre (saison sèche). Décembre–mars, saison cyclonique.

  • Durée conseillée : 5 à 7 jours pour vraiment s'installer dans le rythme de l'île.

Ce n'était que les quatre premiers jours de trois semaines à Rodrigues. Découvre-en plus sur l'île — notre journée en bateau à Île aux Chats et une matinée à la réserve de tortues — et épingle-le sur Pinterest pour ton propre voyage. Le guide complet de Rodrigues arrive bientôt

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